mercredi 16 avril 2014

LAOS (Mahaxai): la falaise qui attend un Petzl Roc Trip





Je suis tombé sur un mastodonte. 

A quelques kilomètres du village de Mahaxai au Laos, un toit de 100 mètres d'envergure attend patiemment ses premiers ouvreurs... 

Imaginez une voie dont les 3 longueurs seraient en plein plafond. Imaginez qu'il n'y pas une mais dix lignes de ce calibre. Imaginez des draps de colonettes à n'en plus finir... C'est sur ce joyau que je suis tombé lors d'un trip (épique) de 3 jours à scooter entre potes dans le centre du Laos. 

Après une rapide discussion avec l'agriculteur le plus proche de la falaise, nous avons eu le droit de pousser nos bécanes 2 kilomètres de plus. 

La fin, plus raide et plus dense, s'est faite en mode bartassage dans la jungle pour arriver, 20 minutes plus tard, au pied du plafond. 

En voici quelques images. Le potentiel est énorme. À suivre....

 








mardi 15 avril 2014

LAOS: Thakhek, une affaire qui roule

Vous en aviez peut-etre entendu parler. Green Climbers Home, un camp de grimpeurs au Laos entièrement détruit par un incendie un soir de réveillon...

31 décembre 2012: deux ans de travail détruits en quelques minutes....
Nous sommes le 31 décembre 2012. Le temps est orageux dans le petit village de Thakhek et le feu d'artifice prévu pour le réveillon à Green Climbers Home tourne mal. Le toit en chaume de la batisse centrale s'embrase. Les flammes poussées par le vent atteignent les bungalows et les dortoirs. En quelques minutes, Tanja et Uli, les propriétaires du camp, voient deux ans de travail et plusieurs dizaines de milliers d'euros d'investissement disparaitre...

Aussitôt, un mouvement de solidarité se structure. Fédérations sportives, entreprises, clubs, particuliers se mobilisent. Des dons du monde entier affluent vers le Laos pour aider Tanja et Uli à recontruire leur camp. Grimpeurs Sans Frontières y prend part (voir Operation Phoenix). Des dizaines de grimpeurs se rendent sur place pour donner un coup de main sur le chantier.

Un an et demi plus tard, me voilà au portail de Green Climbers Home.

Le camp à present entièrement reconstruit dans un cadre à couper le souffle
Tanja et Uli ont tout reconstruit. Un restaurant, deux grands dortoirs, 10 superbes bungalows sur pilotis et un parterre de tentes. Le tout en à peine un an. Le camp est étincellant. Et bondé.

Car en en quelques années, Thakhek a su bâtir sa renommée parmi les grimpeurs. Découvert par une expédition allemande à la fin des années 1990, ce spot aux formations calcaires spectaculaires est resté quasiment inconnu jusqu'à l'arrivée de Tanja et Uli. Convaincus du potentiel du site, ils s'associent en 2007 à un investisseur local,Green Discovery, et commencent la construction des bâtiments et l'équipement des voies.

Des plafonds dans le 6e degré c'est possible? Ici, oui!
Aujourd'hui, Thakhek est un site majeur de dimension internationale. Il compte plus de 200 voies en dalle, vertical, devers et plafonds. L'escalade y est superbe, faite de grandes envolées souvent plus endurantes que techniques. Le rocher est en effet troué comme un gruyère et dégouline de colonettes. Les bacs et coincement de genoux sont partout (je ne me rappelle pas avoir serré une seule réglette en dessous de 8a!) et rendent accessibles d'immenses plafonds aux grimpeurs de 6b/c!

Seule ombre au tableau, l'esprit très "commercial" des propriétaires du lieu. Un camp de grimpeurs, ce n'est pas qu'un dortoir entouré de slacklines. C'est aussi un certain esprit de liberté et de confiance qui doit régner entre les propriétaires, leur staff et les grimpeurs. A trop de reprises, cet esprit a manqué. Plusieurs grimpeurs m'ont confié avoir eu l'inconfortable impression d'être des portefeuilles sur pattes. Les prix, certes très raisonnables aux standards occidentaux, sont exagérément gonflés par rapport aux prix locaux. Au moment de régler mon séjour, j'ai eu la désagréable surprise de trouver quelques paquets de cigarettes jamais commandés discretement glissés dans l'addition. Je ne m'en serais d'ailleurs jamais rendu compte si la même chose n'était pas arrivée à deux de mes amis la veille de mon départ...

Cet aspect business que tant de grimpeurs fuient est certes dommageable mais il n'enlève rien à la beauté des lieux, de la grimpe et des rencontres que j'ai pu faire à Thakhek.

Après 4 semaines qui m'ont semblé quelques heures, je referme ému le portail de Green Climbers Home. Ce spot, définitevement majeur, vaut largement le détour depuis la Thailande (où vous seriez venu pour, par exemple, grimper à Tonsai ;-) Et que tous ceux qui ont contribué à la renaissance de ce lieu se rassurent: Thakhek est plus que jamais une affaire qui roule!

Des lignes majeures, des rencontres précieuses... Le reste s'oubliera bien vite!




Pour plus d'informations:

  • Le site de Green Climbers Home où vous trouverez toutes les informations sur le site, les modalités d'accès et d'hébergement



mercredi 26 mars 2014

THAILANDE: Nam Pha Pa Yai, un joyau dans la jungle



Un des secteurs principaux de Nam Pha Pa Yai
Nam Pha Pa Yai n'a pas le nom le plus facile a retenir. Elle n'est pas la falaise la mieux desservie du pays. Elle n'est pas la plus connue non plus. Elle n'est pas la mieux indiquée, même à quelques kilomètres de l'arrivée. Mais elle a pour elle un avantage incontestable.

Na Pha Pa Yai est la plus belle falaise de Thailande.


Un reve de gosse... une
maison dans les arbres
Ben et Joy les proprietaires des lieux y sont arrivés il y a 5 ans. Et ils ont abattu un travail de titan. Une grande salle de restauration, des bungalows, une maison dans les arbres pour les amoureux, une zone d'entrainement avec poutre, barre de tractions, etc., un jardin, plusieurs enclos pour l'élevage et même un chateau d'eau! Le tout en pleine jungle...


A une soixantaine de mètres des bungalows, on aperçoit entre les arbres une roche ocre, de cette couleur caractéristique des falaises déversantes qui souvent prennent le soleil. L'accès y est unique car il se fait en...tyrolienne! Ben a en effet tiré 2 grands cables métalliques au dessus du cours d'eau qui sépare le camp de la paroi. Si vos potes, votre femme ou votre mari rechignent parfois à vous accompagner pour grimper, je peux vous garantir que cette fois, ils se bousculeront pour se rendre à la falaise!


Dévers, concretions, amplitude... majeur tout simplement!
Sur le cailloux, les bonnes surprises se poursuivent. Les voies (plus d'une centaine répartie sur deux secteurs) sont superbes et bien équipées. L'escalade du 5 au 8b est variée, allant des dalles techniques aux grandes envolées déversantes. Un grand toit reste encore vierge ce qui laisse donc présager de futures voies mutantes dans le 8eme voire 9eme degré...

Si les grimpeurs restent encore peu nombreux en semaine, le camp se transforme le weekend pour accueillir les grimpeurs de Bangkok (sur place en 2h30 de voiture) et de plus loin parfois, comme ce groupe venu par avion de Singapour pour un jour et demi d'escalade!

Beaucoup resterait à dire sur cet endroit chargé en énergie positive... Mais vous l'aurez compris, Nam Pha Pa Yai vaut le détour.

Si vous passez, saluez Ben et Joy de ma part. Et remerciez-les pour la pure grimpe, les délicieux petits plats et...les dizaines d'années supplémentaires qu'ils sont en train de donner à l'escalade thailandaise!



Pour plus d'informations:

-le site de Nam Pha Pa Yai. Vous y trouverez toutes les informations sur les activités proposées, les tarifs, l'accès au camp, les possibilites de woofing, etc.


L'accès à la falaise... magique!



jeudi 20 mars 2014

THAILANDE: Koh Tao, un grimpeur au pays des plongeurs

El Brujo présentant la première version du topo de l'île
Il a de l'énergie á revendre et vu ses projets, il va en avoir besoin! Rencontre avec un grimpeur catalan bien décidé à faire connaître Koh Tao pour autre chose que ses fonds marins et ses plages de sable blanc.

Sur l'île, tout le monde l'appelle "El Brujo". Une paire de lunettes de soleil vissée sur le nez, quelques dreads en guise de queue de cheval, Brujo a quitté Barcelone il y a 8 ans pour monter son école de plongée en Thailande.

"A l'époque, j'ignorais tout des possibilités de grimpe sur l'île", raconte Brujo. "Koh Tao était en plein développement. Les plongeurs du monde entier y venaient chaque année plus nombreux.* J'ai alors senti qu'une école donnant des cours de plongée en espagnol (et en catalan!) pouvait trouver sa place. C'est ainsi qu'est née Ihasia."




Du bloc sous les cocotiers... qui dit mieux?
Ce n'est qu'une fois sur place que Brujo a réalisé le potentiel "escalade" de l'île. "Je n'en croyais pas mes yeux. Il y avait des blocs de granite partout. Sur les plages, dans les jardins, dans les champs de cocotiers, à l'interieur des terres. Le paradis! Mais je n'ai pas été le premier à découvrir tout ces blocs. Quelques grimpeurs sous l'impulsion d'un americain nommé James Marsh avaient déjà commencé à défricher et répertorier les principaux secteurs. J'ai agi depuis dans le prolongement de leur travail et de leur vision de l'escalade".

Car il faut le préciser, l'escalade ici est particulière. Les blocs sont d'abord extremement abrasifs. Le granite mêlé aux cristaux "broutent" la peau des mains (et des avant bras!) en quelques heures, ce qui rend l'alternance d'un jour de grimpe et d'un jour de repos quasiment obligatoire.

L'autre particularité de l'escalade ici est qu'elle est réalisée, à l'exception de quelques secteurs mineurs, sans corde ni protections. Que les blocs fassent 2 ou 10 metres, le grimpeur ne pourra compter que sur son crashpad, ses amis et son mental!

À 2 ou 10 mètres de haut, mieux vaut avoir du mental!
"Pour moi, ajoute Brujo, c'est justement ce mélange qui fait de Koh Tao un lieu unique pour la grimpe. Mon objectif est à présent de faire connaitre l'île pour l'escalade. J'ai créé la section escalade d'Ihasia l'an dernier et elle marche fort. Je suis maintenant en contact avec la Fédération Thailandaise d'Escalade pour organiser une étape du circuit national de bloc. Un camp de base pour grimpeurs avec tentes, bungalows, slackline et zone d'entrainement est également à l'étude. Le topo de l'île est enfin bientot terminé et sera disponible sur le site web d'Ihasia. Bref le travail ne manque pas!"

L'heure est venue de reprendre le bateau pour le continent. Je salue une dernière fois "El Brujo" en lui souhaitant bonne chance. Bonne grimpe à vous si vous venez à Koh Tao. L'escalade y sera un bon complément à un séjour de plongée ou de farniente!

L'autre particularité de l'escalade ici est qu'elle est réalisée, à l'exception de quelques secteurs mineurs, sans corde ni protections. Que les blocs fassent 2 ou 10 metres, le grimpeur ne pourra compter que sur son crashpad, ses amis et son mental!


Pour plus d'informations:

le site d'Ihasia, l'école de plongée et d'escalade située au sud de l'ile

le site de Good Times Adventures, une école concurrente où vous pourrez également vous procurer un topo de l'ile

le site de l'association locale SAVE KOH TAO qui vise à la protection environnementale de l'ile


* Koh Tao est aujoud'hui le lieu rassemblant et certifiant le plus de plongeurs au monde avec pas moins de 34 000 certifications PADI délivrées chaque année!


Brujo et l'équipe d'Ihasia



lundi 17 mars 2014

THAILANDE: Tonsai, La vieille dame et les hippies



Débarquer à Tonsai, c'est entrer dans un rêve de grimpeur. Une plage entourée de falaises calcaires dégoulinantes de stalactites. Des bars en bamboos qui distillent une douce odeur d'herbe sur un fond de reggae. Des slacklines tendues ça et là. Des filles suberbes qui bronzent lascivement... Suis-je arrivé au paradis? Et bien...non.

Suis-je arrivé au paradis des grimpeurs?
Non déjà parce toutes ces bombes qui semblent s'etre données rendez-vous se sont aussi passées le mot pour avoir un copain (ou une copine :-). Mais surtout parce que j'ai réalisé que j'arrivais trop tard. 20 ans trop tard...

Tonsai est en effet une vieille dame. Le spot et ses environs proches (Railey et Phra Nang, les deux plages environnantes) comptent environ 500 voies équipées en grande partie au début des années 1990. En quelques années, elle devient un lieu mythique où grimpeurs et hippies du monde entier accourent pour savourer ensemble un cocktail de grimpe, de plage, de drogues et de fêtes enfiévrées. 

Des piles de déchets éparpillés dans la jungle, la face cachée de Tonsai....
Le bouche à oreille bat son plein. Les bateaux taxis chargeant et déchargeant frénétiquement touristes, bieres et déchets se multiplient. Le lieu se construit. Bars, resorts, magasins sortent de terre. Alimentés en permanence par des dizaines de groupes électrogènes éparpillés dans la jungle environnante. Le lieu devient un parc naturel où l'équipement de nouvelles lignes est interdit. Alors les voies très belles mais déjà parcourues se patinent à l'excès....

J'ai passé un mois à Tonsai. Un mois rempli de rencontres formidables. Un mois à perdre toute notion du temps. Un mois passé à grimper, explorer et m'impliquer dans le rééquipement des voies les plus anciennes aux côtés du Thaitanium Project. Mais je l'ai quitté sans regrets. 

Amis grimpeurs, arretez vous à Tonsai pour faire la fête, vous détendre et grimpouiller dans un cadre unique. Mais sachez-le, le lieu n'est plus à la hauteur de sa réputation, pollué et patiné. La vieille dame est fatiguée.... alors que tant d'autres nous appellent à présent!

Un lieu magique devenu victime de son succès.... Adieu Tonsai!


Pour plus d'informations
  • le site du Basecamp, principale ecole et climbing shop de Tonsai
  • le site du Thaitanium Project, groupe de benevoles qui securisent l'escalade autour de Tonsai